Arbedo-Castione

Histoire et tourisme

Origines

Origines

Rappels historiques sur la fusion de Castione avec Arbedo en 1820.

Il semble nécessaire de s’attarder un instant sur le blason qui orne la bannière municipale et qui fut inauguré et bénit pendant les festivités organisées à Bellinzona pour célébrer le 150e anniversaire de l’indépendance du Tessin.

Le blason fut repris par l’institut Héraldique Gaston Cambin de Lugano sur les formulaires officiels de la mairie jusqu’au milieu du 19e siècle, puis fut oublié.

La cérémonie d’inauguration et de bénédiction de la bannière eut lieu à Arbedo dimanche 17 Mai 1953, le parrain et la marraine étaient respectivement le très méritoire patricien Otto Scerri et madame Gemma Tami-Solari épouse du président du Patriciat M. Giovanni.

Parmi les discours de circonstance prononcés pour l’occasion on retiendra celui du maire de l’époque Ercole Brunetti:
« La raison qui en a inspiré l’emblème voilà plus d’un siècle tire son origine d’un fait historique qui remonte à la domination des ducs de Milan sur nos terres. A la fin du 14e siècle le duc de Milan concéda à un certain Bartolomeo Muggiasca da Bellinzona, grand négociant en soie à Milan et Lucerne, le droit d’implanter et de gérer une pêcherie sous le pont actuel de la Moeasa. La Pêcherie dénommée « Nassaro » fut exploitée pendant des siècles malgré les protestations de la population d’Arbedo qui même s’il n’existait à l’époque aucune législation sur l’exploitation de la pêche dans les rivières, se sentait à raison amputé du droit de pèche et de sa maitrise dont toute commune fluviale jouissait. Même après la chute de la domination ducale la pêcherie continua à être exploitée et la concession renouvelée tous les 9 ans par la municipalité de Bellinzona. Les protestations des citoyens d’Ardebocontre cet abus s’amplifièrent et prirent des proportions telles qu’elles provoquèrent la création du blason communal où est représenté le pont sur la Musea avec un lion entouré de 3 étoiles, symboles qui représentent la volonté inébranlable des Arbedesi de défendre par la force et la protection céleste leurs droits.

Cette partie du discours interpella Alfredo Lienhard-Riva spécialiste héraldique et d’histoire qui répondit comme suit (44) :
« L’orateur a oublié de dire que le lion tient à la patte une branche de palmier symbole évident de paix et d’entente civile. Mais cela est un détail dont je ne lui tiens pas rigueur. Je suis choqué en revanche par les inexactitudes historiques de son récit.

Les faits réels, prouves par des documents accessibles a quiconque souhaiterait les consulter, le «Bollettino Storico» d’ Emilio Motta, le «Briciole di storia bellinzonese» du prof. Giuseppe Pometta, pour ne citer que sources principales, sont les suivantes :

1. Autrefois Castione et Lumino ne formaient qu’une seule commune, elle devint indépendante en 1626 et fut incorporée à la ville d’Ardebo en 1820, époque où la Pêcherie n’existait plus.

2. La famille Muggiasca di Bellinzona, arrivée au début du 15e siècle de Come fut domicilié à Castione. Ce fait est attesté par son blason sculpté sur une colonne dans la cour de la maison Lafranchi. Parmi les voisins de Castione il y a un « Francesco Mugiasca » qui était consul en 1768. Son fils vivait à Castione en 1792.

3. Le droit de pêche était un des nombreux privilèges des seigneurs. Dès que ce droit était cédé, le bénéficiaire ou l’acheteur en devenait le propriétaire. Seul le rachat pouvait l’en déposséder.

4. Le 5 juin 1460 Francesco Sforza, duc de Milan, a émis un jugement sur le litige entre Castione et Lumino et la famille Muggiasca, à propos de la vente et de la cession de « moulins et scieries ». Par décret du 30 juillet 1461 le dit duc donnait à Bartolomeo «de Mugiasca», domicilié à Bellinzona, le droit d’implanter une pêcherie sur la Moesa (voir Statuti di Bellinzona, I. pag. 78, du Dr. Andreas Heusler di Basilea). Le dispositif comprenait barrages, canaux et bassins ainsi que les scieries et les moulins. Ces infrastructures se situaient non pas « sous le pont actuel de la Moesa » mais en amont sur le territoire de Lumino-Castione.

Les sources et les arguments invoqués par Lienhard en faveur de sa thèse sont irréfutables et mettent à jour les erreurs du discours du maire. L’auteur de l’«Armoriale ticinese» n’ayant pas osé donner d’autre interprétation du blason, nous nous permettrons d’en hasarder une sans prétendre l’imposer, même si nous la considérons historiquement fondée. Donc :

1. Le blason fut adopté par la ville d’Arbedo après 1850, environ 30 ans après la fusion et après que les désaccords avec Lumino aient été aplanis.

2. Le pont sur la Moesa dont les pierres reposent au nord sur « l’ancien » territoire de Castione et, au sud, sur celui d’Ardebo, symboliserait la fusion des deux communes et le lion qui tient la branche de palmier, la paix et l’entente civile établit entre les territoires unis et Lumino.

Enfin, les 3 étoiles ne seraient pas le symbole de « la protection céleste » mais désigneraient les trois villes un temps ennemies et devenues amies : Arbedo, Castione et Lumino ou autre hypothèse – Arbedo et ses deux principaux villages Molinazzo et Castione.

Nous attirons votre attention sur le fait que dans l’Héraldique les étoiles symbolisent des villes ou des fractions de localité, et la feuille de palmier était l’emblème de la « paix obtenu par la victoire » exactement comme dans le cas qui nous concerne.
D’autre part il est impensable qu’il y a plus d’un siècle alors que « l’esprit de clocher » était enraciné dans les mentalités, que les Arbedois eut accepté d’adopter un blason aux emblèmes essentiellement Castionais alors que leur choix pouvait se porter sur celui de la bataille de 1422 ou encore celui de la belle typique et plus significative église de San Paolo qui depuis 1950 apparait sur les armoiries du Patriaciat d’Arbedo-Castione, « … ainsi qu’une hallebarde et une massue d’argent aux manches rouges ». (45).